The billion dollar code : Google Earth est-il un plagiat de TerraVision sorti 10 ans avant ?

En 1994, la société allemande Art+Com met au point TerraVision. En 2005, Google sort Google Earth, dont les similitudes avec TerraVision sont frappantes. La série The billion dollar code met en lumière l’histoire de TerraVision et la bataille de brevet qui oppose Art+Com et Google.

TerraVision, le « prequel » allemand de Google Earth sorti en 1994

Début des années 1990 à Berlin. Deux allemands, l’un plutôt développeur, et l’autre plutôt artistique, ont l’idée incroyable de se lancer dans un projet visant à permettre à chacun de naviguer sur le globe terrestre, et de zoomer à n’importe quel endroit.

Ils obtiennent un financement de Deutsche Telekom pour cette recherche, constituent une équipe et créent la société Art+Com Studios.

En 1994, TerraVision est mis au point. Le projet a notamment été présenté par Art+Com dès 1994 à une conférence mondiale sur les télécoms à Kyoto.

Le site Art+Com Studios décrit TerraVision de la manière suivante :

TerraVision est une représentation virtuelle en réseau de la terre, basée sur des images satellites, des vues aériennes, des données d’altitude et architecturales. L’utilisateur peut naviguer librement en temps réel sur le globe virtuel photoréaliste. Pour passer de la vue du globe terrestre jusqu’aux vues détaillées, l’utilisateur peut voler virtuellement à la surface de la terre, où il voit d’abord apparaître les continents, les villes, et enfin les représentations des bâtiments.

Description par Art+Com de TerraVision, sorti 10 ans avant Google Earth

Cette description n’est pas sans rappeler bien évidemment Google Earth que nous connaissons tous aujourd’hui. Le problème, c’est que Google Earth est sorti en 2005, soit 10 ans après TerraVision. L’autre problème, c’est que dans le travail de mise au point de TerraVision, les allemands de Art+Com ont été amené à échangé avec des américains, notamment avec l’entreprise Silicon Graphics, qui produisait à l’époque l’ordinateur Onyx, le plus puissant du marché. L’Onyx a été utilisé par Art+Com pour implémenter la 1ère version de TerraVision. Or quelques employés de Silicon Graphics sont ensuite partis travailler chez Google dans les années 2000.

La bataille de brevet entre Art+Com et Google autour de TerraVision

Vers 2006-2007, des discussions ont lieu entre Art+Com et Google, ce dernier essayant de racheter le brevet. Les discussions n’aboutissent pas.

Dans un article du site legal-patent.com, on apprend qu’un brevet allemand a été déposé en 1995 par Art+Com, ainsi qu’un brevet américain en 2013. Le site nous apprend aussi que, que pour représenter le procès, la série a fait un choix narratif un peu différent du procès réel. En effet, la série s’attache à axer le procès autour de la question des grandes similitudes entre TerraVision et Google Earth (et on peut comprendre que d’un point de vue narratif ce choix est opportun). Or le vrai procès semble s’être plus attaché sur la question de savoir si le brevet allemand, même paru en 1995, était valable. En effet, Google a argumenté que le mécanisme décisif d’affichage dans TerraVision a été montré publiquement par un employé de l’institut de recherche de Stanford en 1994 (ce dont la série ne parle pas)

Art+Com et Google se sont livrés un bataille juridique autour des brevets de Terravision et la technologie employée dans Google Earth (Photo : Greg Bulla / Unsplash)

Pourquoi la série The billion dollar code va vous plaire

The billion dollar code (le code à 1 milliard de dollars en français) est une excellente série. Construite sur un nombre d’épisodes réduit (mini-série), elle est particulièrement rythmée. L’intrigue a également un côté épique, en opposant la petite entreprise allemande Art+Com face au géant américain Google.

Elle a le mérite également de souligner plusieurs points. D’abord, la façon dont Google s’assure de récupérer les nouveautés technologiques afin de maintenir son avance sur les autres. La série rappelle également avec brio le modèle économique autour des données personnelles, où chaque produit gratuit de Google constitue le moyen d’augmenter les données personnelles collectées. Enfin, la série m’a rappelé l’histoire du début d’internet : inventé en Europe et restreint au seul monde de la recherche, l’idée ayant ensuite été accaparée par les américains qui ont su la développer au niveau mondial et pour le grand public. Au final, si les américains dominent le web aujourd’hui contrairement à l’Europe, ce n’est pas vraiment un problème de compétences techniques ou d’idées visionnaires, mais plutôt d’environnement d’environnement permettant à ces idées et ces structures de se développer.

The billion dollar code est disponible sur Netflix.

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Kevin
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Fondateur et rédacteur de ce blog. Je suis un enthousiaste des nouvelles technologies et partage ici des conseils sur la high-tech au travers de guides d'achat, tests de produits et tutoriels.

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