Playlist #3: Muse, Uprising

Playlist #3: Muse, Uprising

Publié le 24. mai, 2010 par dans Loisirs

Les playlists airdecker.net sont des articles périodiques destinés à vous faire découvrir à chaque fois une musique sous un nouvel angle. Pour cette 3ème playlist (qui s’est faite un peu attendre), je reviens sur l’un des des titres phares du dernier album de Muse : Uprising (album The Resistance)

Muse: une écriture musicale inspirée des plus grands compositeurs classiques

L’une des particularités qui contribuent très largement à l’identité de Muse, c’est la culture musicale du groupe. L’écriture de Muse a toujours été des plus poussées et recherchées, cela ne s’improvise pas et laisse entrevoir un réel intérêt pour la musique classique. Matthew Bellamy, le compositeur du groupe, n’hésite pas à afficher sa fascination pour les plus grands compositeurs; Prokofiev, Berlioz, Liszt, Chopin, avec une très grande préférence pour Rachmaninov (à mon sens, ce seul nom peut résumer à lui seul toute la recherche musicale du groupe, et fera peut-être office ultérieurement d’une playlist dédiée!)

Muse nous a donc souvent habitué à une écriture musicale complexe et subtile, laissant une large place à l’inspiration classique: parmi les caractéristiques les plus marquants, on peut citer le piano mis souvent sur le devant de la scène, à travers des arpèges impressionnants ou de longs passages en solo… La fin de leur dernier album (The Resistance) laisse transparaître une nouvelle fois l’inspiration classique du groupe, à travers les 3 titres  Exogenesis : Symphony Part 1, 2 & 3

Pourtant, le reste de leur dernier album fait preuve étonnamment d’une écriture un peu mois « subtile ». Uprising met notamment en jeu 2 artifices assez répandus dans notre culture occidentale: la tierce, et l’accentuation des temps faibles… Mais ne boudons pas notre plaisir, ça reste quand même pour le moins carrément efficace!

Une tierce mineure comme apogée du morceau

Uprising est écrit en ré mineur. Jusque là, ça vous fait une belle jambe me direz vous! Patience, les explications arrivent:

  • une tonalité en ré: il s’agit de la tonique du morceau. La tonique est une note magique: que vous ayez suivi des études musicales ou non, la tonique est la 1ère note qui vous viendra à l’esprit après avoir écouté un morceau. Il s’agit en quelque sorte de la référence du morceau, autour de laquelle se construit toute l’écriture musicale et sa cohérence. Dans la majorité des cas, c’est également la tonique qui conclut un morceau. En clair, après avoir écouté Uprising, s’il vous prend l’envie de chanter une note, vous chanterez un ré!
  • mineur: 2 écritures musicales peuvent se construire autour de la tonique: majeure, ou mineure. Uprising est écrit en mineur, ce type d’écriture véhicule beaucoup plus d’émotions et de nuances. Par opposition, la Marseillaise par exemple est écrite en majeur

Dans Uprising, à mon sens ce sont les refrains qui constituent l’apogée du morceau (à 1:25, 2:40,  et 4:06). La tension est en grande partie due à l’utilisation de la tierce mineure sur ces refrains, répétée de façon continue  sur la 1ère phrase (they will not force us) et 3ème phrase (they will not control us). Le chanteur chante 1,5 tons au dessus de la tonique (ré + 1,5 tons = fa). Cet intervalle correspond à une tierce mineure et est couramment utilisé en musique occidentale. Ici, la répétition de cet intervalle permet de monter la tension à son maximum, comme si l’on était sur une corde sensible prête à casser à tout instant!

Accentuons les temps faibles

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Muse (Oslo)

Dans une mesure à 4 temps (c’est à dire quasiment tous les morceaux), on distingue deux types de temps:

  • les temps forts: temps 1 et 3
  • les temps faibles: temps 2 et 4
  • la mesure à 4 temps alterne donc temps forts et faibles : 1 – 2 – 3 – 4

Pour rompre volontairement avec cet enchaînement naturel, une technique consiste à accentuer volontairement les temps faibles. C’est ce qui est mis en oeuvre dans Uprising à travers la partie de percussion tout au long du morceau. Avec une particularité un peu plus originale tout de même: sur la période de transition, de 3:18 à 4:06, Muse accentue volontairement qu’un seul des temps faibles (le temps n°2 de la mesure) à travers les voix du « pseudo public », ce qui permet de renforcer grandement cet effet.

Crédits photos: 1ère photo ; 2nde photo

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  1. Playlist #8: Orange fête Noël sur un Marché Persan (pub) | Airdecker - 17 décembre 2011

    [...] par l’emploi de syncopes dans le thème principal, consistant à marquer une note sur un temps faible ou entre 2 temps, et de la prolonger sur le temps suivant. Cette version du marché persan est signée par Terry [...]

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