Pacte Ecologique 2007

Pacte Ecologique 2007

Publié le 25. déc, 2006 par dans En vrac

En France, certains personnages politiques (?) jouent les guignols en fauchant ou pliant (dans le cas de Greenpeace – il paraît qu’il y a une différence…) des champs de maïs transgénique devant les caméras de télévision. Il est vrai que, à y bien réfléchir, c’est à peu près tout ce qu’on peut attendre des partis dits verts. La honte devient suprême quand on décide de regarder du côté de nos voisins allemands. Il est déplorable que ce soit Nicolas Hulot qui propose des actions concrète à travers son Pacte Ecologique. Mais la majorité ne s’y est pas trompée; à regarder la côte de popularité du présentateur de Ushuaïa grimper dans les sondages, on comprend bien que les Français ne comptent pas sur un parti politique écologique pour résoudre les questions environnementales; et ils ont raison… Car quoi de plus dangereux que des idées aussi arrêtées que: <<Non au nucléaire, oui aux énergies renouvelables!>>? Et quand on demande ce qu’il pense de Cadarache, on a affaire à des gens qui ne connaissent pas la différence entre la fission et la fusion, et les déchets radioactifs propres à chaque type de réaction… Quand ces gens là dépensent leur énergie dans des shows politiques minables, et pensent que des éoliennes suffiraient à remplacer notre parc nucléaire français, alors pour moi ces gens sont inexistants. Une chose peut-être plus intelligente aurait été de faire en sorte que la France ne devienne pas la poubelle radioactive de toute l’Europe (La Hague); aurait été aussi de souligner que la France est l’un des rares pays à respecter ses accords de Kyoto grâce à son parc nucléaire; aurait été encore d’encourager la création de Cadarache, en sachant que la fusion nucléaire pourra d’ici un demi-siècle produire autant d’énergie que la fission mais avec des déchets en quantité minime et durée de vie radioactive nettement inférieure. Il n’est donc pas étonnant que Nicolas Hulot perce dans ces classes sociales qui ont un esprit critique sur les choses; le compromis de ne pas renoncer à son parti habituel, mais tout en faisant pression sur le futur élu. Espérons cependant qu’il ne fera pas un coup à la Coluche…

Signez le Pacte écologique!

Extrait de Alternatives Economiques, décembre 2006:

Climat : on en parle (beaucoup) mais on ne fait (presque) rien
Les questions environnementales montent en puissance dans le débat public français, européen et mondial. Mais, en pratique, la lutte contre le changement climatique piétine.

Les questions environnementales se sont invitées dans le débat public, dans l’Hexagone, comme dans les autres pays développés. Coup sur coup, Une vérité qui dérange, le film d’Al Gore, ancien vice-président américain, Pour un pacte écologique, le livre de Nicolas Hulot, animateur de télévision et potentiel candidat à l’élection présidentielle française, et le rapport de Nicholas Stern au gouvernement britannique sur « l’économie du changement climatique« , ont en effet bousculé le ronron ambiant. Un retournement de situation réjouissant compte tenu de l’ampleur des défis écologiques. Mais qui ne doit pas cacher le caractère toujours extrêmement timoré des politiques publiques, en particulier face au changement climatique, tant au niveau national qu’européen ou mondial. Et malgré le bruit médiatique actuel, peu d’éléments permettent d’être optimiste pour le proche avenir.

Les modestes avancées réalisées dans le cadre du protocole de Kyoto sur la limitation des émissions de gaz à effet de serre, souscrit en 1997, sont même menacées au fur et à mesure que se rapprochent les échéances. Les pays développés ne devraient pas tenir leurs engagements pris voici dix ans, pourtant très limités au regard de ce qu’il faudrait réussir à faire ensuite. Le Canada veut se retirer du protocole et s’aligner sur les positions anti-Kyoto du gouvernement des Etats-Unis. Le marché européen des permis d’émissions, censé servir de modèle au futur marché mondial qui doit voir le jour en 2008, fonctionne très mal et les négociations pour le réformer sont mal engagées. Et si les dirigeants français ne sont pas avares de discours, notre pays contribue à affaiblir l’action européenne et n’a quasiment rien engagé jusqu’à aujourd’hui pour réduire les émissions sur son propre territoire.

A l’échelle mondiale, les discussions pour l’après-2012 , date à laquelle expire le protocole de Kyoto, sont toujours en panne, même si la conférence internationale qui s’est tenue à Nairobi le mois dernier est parvenue à préserver les apparences. Or, 2012, c’est demain pour des acteurs économiques; ils ont un impérieux besoin de connaître les contraintes auxquelles ils seront soumis pour investir et développer de nouveaux produits et de nouveaux services. La montée du débat public sur ces questions est-elle de nature à provoquer enfin la levée des blocages? On peut l’espérer, mais les conflits d’intérêts entre acteurs économiques et entre pays, qui expliquent l’inaction des décideurs politiques, demeurent extrêmement puissants.

Guillaume Duval
Alternatives Economiques, décembre 2006

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